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Cela fait maintenant un mois tout pile que Jinder Mahal est champion de la WWE. Selon vous::

Macho Sadness

Farewell the neighing steed, and the shrill trump,
The spirit-stirring drum, the ear-piercing fife,
The royal banner, and all quality,
Pride, pomp, and circumstance of glorious war !

Othello, William Shakespeare

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où on va se gaver de Slim Jim jusqu'à en pleurer ....

 

 

Oooh Yeahhhhh !!!

Oooh Nooooooo !!!

 

 

In memoriam Randy Macho Man Savage

 

 

D'abord, c'était une barbe. Fournie, drue même pour employer des mots que tu lis pas tous les jours. Puis c'était une paire de lunettes de soleil et un chapeau. La plupart du temps, un Stetson, comme John Wayne dans les westerns. Il y avait un costume aussi, bourré de franges. Elles débordaient de partout, des manches de la veste, des jambes du pantalon et elles assuraient la continuité avec une touffe de cheveux abondante, noire comme le jais et comme la barbe, qui elle aussi semblait incapable d'être tenue en respect par le couvre-chef du soir.

 

Ensuite, c'était ces couleurs, l'habit de lumière du toréador qui rentrait dans l'arène ne ressemblait à aucun autre. Lunettes, chapeau, costume, toute la panoplie semblait avoir été créée par un daltonien défoncé au LSD. Psychédélique et fluo à la fois, il justifiait à lui seul le port des lunettes de soleil en intérieur. Une carrure imposante, un accoutrement tout sauf discret, ça constituait un personnage qu'on ne croisait pas tous les jours dans les rues. Bigger Than Life, comme Vince les aimait tant à cette époque. Et des poils, partout, qui dévoraient le visage, histoire de signifier la virilité.

 

 

Quand le Rock se moque de John Cena et dit qu'il se ressemble à un bol de céréales multicolores, on se demande ce qu'il regardait à la télé dans les années 80.

 

 

A ses côtés, il y avait Miss Elizabeth, qui incarnait à elle-seule la personnification même de l'expression " jolie comme un cœur " dans ces années 80. Plus discrète, plus calme, même quand elle le précédait sur le chemin vers le ring, elle paraissait être toujours en retrait. Elle était le Yin de son Yang, le calme et la tempérance féminine qui contrastaient si bien avec l'exubérante explosion de testorénone ambulante.

 

Et cette voix, tonitruante, à mi-chemin entre le grognement animal et la parole. Même quand il disait des choses gentilles, il faisait quand même un peu peur à l'enfant que j'étais encore. Et quand il était en colère, malgré tout l'énervement et la haine qu'il transmettait dans son discours, il conservait suffisamment de chaleur humaine pour que jamais je ne puisse vraiment le détester.

 

 

Imaginez juste Vickie Guerrero et Dolph Ziggler dans cette position et vous comprendrez mon soudain accès de nostalgie.

 

 

Enfin, il y avait cette musique d'Elgar. Majestueuse, solennelle, c'était celle qu'on réserve à la royauté et aux grandes occasions de la vie, notamment à cet instant où les nouveaux mariés sortent de l'édifice où vient de se dérouler la cérémonie. Si, tu sais, ce moment où les tourtereaux sont époux et n'ont plus qu'une idée en tête : sauter le banquet, les cadeaux, la pièce montée et tout le toutim pour directement passer à la nuit de noces. Parce que ce morceau, Pomp and Circumstance, que ça s'appelle, il est là pour te rappeler que la Belle et la Bête que tu viens de voir, le soir venu, ils jouent à la bête à deux dos.

 

 

 

 

Dis, t'as lu ? C'est pas n'importe où sur le Web que tu peux en lire des comme ça d'hommages à Randy Savage, hein ? Ah, ça non ... Des phrases courtes, sans verbe, juste pour te planter le décor, de l'alitération en x même pas pompée dans le répertoire de Gainsbourg, des références culturelles de haut niveau, de la métonymie empruntée à la cosmologie chinoise, je me suis même fait chier à citer du Shakespeare alors que j'aurais pu me contenter des Village People. Avec un article comme ça, le Djipi Bag O'Shit, il est pas prêt de revenir vider son sac de fiel pour se lamenter sur l'aculturation des masses suiveuses du CDC Universe. Votre table d'annonce espagnole quand elle a les larmes aux bord des paupières, elle se démène pour vous donner de la qualité.

 

Pour tout vous dire, ce n'est jamais amusant de faire une nécrologie, tout particulièrement d'ailleurs quand c'est un catcheur de légende et un héros de mon enfance. Mais je vous avoue quand même que je l'écris avec le cœur (un peu) léger parce que les circonstances du décès du Macho Man ne sont pas aussi dramatiques que celles auxquelles le business du sport entertainment nous a habitué. A l'heure où j'écris ces lignes, Randy Savage est décédé, trop tôt, certes (58 ans, mais on meurt toujours trop tôt) mais dans des conditions qui n'évoquent ni le drame des excès de drogue, ni même la vie misérable des vieux catcheurs sur le retour qui tentent une dernière fois d'attraper la lumière des projecteurs comme pouvait le faire le personnage de Mickey Rourke dans The Wrestler. Continuons quand même, la gorge serrée certes, mais non sans avoir poussé un soupir de soulagement.

 

 

Incarner la virilité tout de rose vétu et déguisé en cowboy, ce n'est pas un challenge que n'importe qui peut relever.

 

 

Flashback. Commençons par parler du "Grandest Show Of Them All" : Wrestlemania. La première édition du plus grand rêve de la vie de Vince MacMahon fut un succès, incontestable, tant au niveau de la qualité que de la billeterie. Malheureusement, la deuxième le fut beaucoup moins et Wrestlemania II fut pénible, laborieux même, si bien que le troisième épisode allait être déterminant. Celui qui n'était pas encore le Chairman of the Board mit alors tout son argent sur la table et fit le pari impossible de remplir le Pontiac Silverdome. Si l'événement est connu des plus jeunes d'entre vous pour le premier «Wrestlemania moment» de l'histoire : Hogan infligeant un Bodyslam au gargantuesque André. Il faut cependant rétablir la vérité que la WWE cache en général souvent : le match, en dehors de la performance physique du Hulkster, n'était certainement pas un joyau de technique ou de storytelling qui mérite ne serait-ce qu'un coup d'œil aujourd'hui.

 

En revanche, le match qui vola qui le show ce soir là, oui : Randy « Macho Man » Savage vs Ricky « The Dragon » Steamboat pour le titre Intercontinental. Un classique parmi les classiques, le meilleur match de l'âge d'or de la WWF et sans aucun doute l'un des meilleurs matchs de la décennie 80.

 

 

Le rêve de tous les fans de la WWE : une chaise à porteur qui lui permet d'aller chercher des bières dans son frigo sans quitter son fauteuil.

 

 

Je vous le décris : 15 minutes, ce qui en 1987 était énorme, un combat attendu qui réglait un différent entre deux catcheurs qui se haïssaient depuis plus de six mois. un suspense à vous couper le souffle, des mouvements de high-flyers qu'on ne voyait que rarement jusqu'alors, une histoire exceptionnellement bien racontée dans le ring, deux des meilleurs athlètes de leur génération et un suspense à couper le souffle. Un match que vous pouvez regarder 23 ans après et qui vous fera, même aujourd'hui, apprécier le talent de tous les acteurs impliqués.

 

C'est Mick Foley qui, je crois, a le mieux résumé ce moment en disant qu'au lendemain de Mania, sa cour de récréation était divisée en deux. D'un côté, il y avait des gamins qui se réjouissaient du triomphe d'Hogan, étaient fiers de faire leurs prières et de prendre leur vitamines. De l'autre il y avait des enfants qui avaient aimé le match pour le titre Intercontinental parce qu'ils n'avaient jamais vu un aussi bon match et se disaient : «  Quand je serais grand, je serais catcheur ». Inutile donc de vous dire que le décès de Randy Savage, plus que tout autre a bouleversé les sport-entertainers et autres wrestlers du monde entier car le Macho Man était ce qu'on appelle un Wrestler's Wrestler, le genre de type qui est le favori de tous les vestiaires du monde et qui a servi d'inspiration à une génération entière.

 

 

- USA, USA !!!

Réflexe conditionné yankee (fin du siècle dernier)

 

Randy Savage était un des seuls catcheurs qui avaient tout pour eux. Mais, ce qui le caractérisait avant tout, ce n'était ni un mic-skill phénoménal, ni ses performances in-ring, ni même une condition physique exceptionnelle. Pourtant, le type avait le Whole Package : une capacité à parler dans le micro absolument incroyable (Tiens, checke-ça l'ami et régale toi en découvrant ce qu'est le charisme absolu du bonhomme en baby face et regarde-le aussi à ses débuts en heel machiste , ça te fera méditer avant de parler du mic-skill des superstars actuelles ), une présence devant les caméras tout aussi grande qui faisait qu'il était capable marquer une promo de son empreinte en ne voulant pas parler (I'm not talking), un talent in-ring énorme (Ne t'inquiète pas, on y reviendra, si t'es en manque de liens). Non, ce qui caractérisait Savage, c'était son sens inné du business.

 

Fils du catcheur et promoteur Lanny Poffo, Randy Savage savait exactement ce qu'il fallait faire pour être over et ne s'est jamais privé de le faire. Sa méticulosité était légendaire et il passait des heures entières à planifier des matchs voire répéter des séquences entières avec ses adversaires. Pourquoi tout ce soin ? Savage en plus d'être un véritable control freak, voulait absolument que chaque match soit parfait et que lui et son adversaire en sortent grandis. Et il y arrivait la plupart du temps. Regardez, par exemple, son Career match contre l'Ultimate Warrior à Wrestlemania VII ( et ). Le guerrier était un énorme favori du public mais il ne valait pas grand chose dans le ring. Ne cherchez pas de meilleurs matchs du Warrior contre qui que ce soit d'autre, vous n'en trouverez pas, passer la barre des 20 minutes contre un type dont l'arsenal se limite à trois mouvements, c'est un exploit.

 

 

Oui, John, toi aussi tu es doué, tu as fait un bon match de championnat contre Khali et te coltine des matchs contre Alex Riley la semaine et contre le Miz le dimanche.

 


Son immense connaissance du business lui a aussi permis de créer dans le public des émotions qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. En premier lieu, la stupeur et ce match qui constitue dans sa conclusion le premier holy shit moment de l'histoire du catch avec un piledriver qui laissa tous ses spectateurs persuadés que Ricky Morton était mort devant un tel mouvement appliqué au travers d'une table.

 

Il convient aussi de citer l'angoisse lors des longues minutes de son selling génialissime sur cet angle connu pour avoir traumatisé toute une génération. Il m'a personnellement fallu des années pour surmonter l'herpétophobie consécutive à cette séquence.

 

On peut aussi ajouter à la palette des choses inédites qu'il a apporté au business le vrai et sincère Feel good moment avec la complicité de Vince MacMahon qui lui a « offert » le main-event de Summerslam en 1991 pour un vrai mariage (en ce sens qu'il était on ne peut plus traditionnel et dépourvu de tous les tracas généralement utilisés dans le business) avec Miss Elizabeth sa compagne à l'écran et dans la vie. Je vous laisse imaginer la popularité du bonhomme pour qu'assister au « vrai mariage » (sans run in et autres pertubations) d'un catcheur soit un événement digne du Main Event d'un des rares PPVs de l'année.

 

 

La réponse du Macho Man à la mention "Tenue Correcte Exigée" sur le carton d'invitation : un chapeau de trois mètres de haut.

 

 

Dans les temps anciens, ceux de l'ère dorée de la WWF, il y avait une tradition qui voulait que le meilleur catcheur détienne la ceinture Intercontinentale tandis que le plus populaire, celui qui rapportait le plus d'argent, avait le titre mondial. Randy Savage a eu la ceinture Intercontinentale et le titre mondial à cette époque (371 jours d'affilée de surcroît, un record qui durera des années). Ce simple constat dit tout de lui : il était un catcheur qui tenait le public dans la paume de main, aussi bien en heel qu'en babyface et il savait raconter une histoire dans un ring mieux que quiconque, ne se contentant jamais de la sempiternelle séquence des 5 mouvements de l'apocalypse pour renverser le cours du match et le gagner sur un come-back vainqueur.

 

 

Euh, c'est quoi cette histoire sur les mouvements de l'apocalypse ?

 

 

C'est n'importe quoi ce truc, il suffit d'un RKO à la fin, pas besoin de storytelling ...

 

 

Il était aussi propre dans le ring que Bret Hart et Mister Perfect et capable de rivaliser en popularité avec Hulk Hogan ou l'Ultimate Warrior. La Macho Madness fut d'ailleurs à une époque une des pistes sérieusement envisagées pour contrebalancer la Hulkamania. Capable de sortir des matchs d'anthologie contre des maîtres de leur art (Flair, Steamboat, Jack the Snake Roberts) et des mêmes merveilles contre des workers très médiocres (Crush ou The Ultimate Warrior), il était aussi apte à transformer un midcarder moyen en futur champion du monde (Diamond Dallas Page).

 

En peu de mots et pour résumer le bonhomme, je vais me contenter de vous donner la liste de ses adversaires à Mania lors de sa période WWF : Georges The Animal Steele, Ricky Steamboat, Ted DiBiase (au terme d'un tournoi pour le titre où il a gagné quatre matchs dans la même soirée), Hulk Hogan, Dusty Rhodes, The Ultimate Warrior, Ric Flair & Crush

 

Il n'y a là, à deux exceptions près que des Hall Of Famers, ça vous donne là aussi une bonne idée du pedigree du bonhomme et incontestablement, il fait partie du top 5 des meilleurs catcheurs de tous les temps ayant bossé sur le sol américain.

 

Je ne m'aventurerais pas à l'exercice des classements mais si vous voulez une petite idée de qui pourrait ou non l'accompagner, je vous laisser avec une petite pépite trouvée au fin fond du web. C'est un match que la WWF avait enregistré lors de ses TV-Tapings mais qu'elle n'avait diffusé qu'en VHS pour Coliseum Video (d'ailleurs ça se voit car l'image est loin d'être parfaite). C'est un véritable dream-match qui rassemble quelques-uns des catcheurs dignes de ce top 5. Même s'il est loin d'être exceptionnel, puisque c'est un dark-match, il y a là plus d'un lutteur qui mérite sa place dans votre panthéon personnel.

 

 

 

 

Je vais passer rapidement sur la carrière plus que convenable du bonhomme à la WCW où il a su, là aussi, trouver sa place dans un roster qui, pourtant ne fut pas toujours hospitalier envers les catcheurs les plus talentueux. Et J'irais aussi vite sur les activités qu'il a pu faire hors des rings, notamment du combat qu'il a fait en tant que Bonesaw McGraw dans un cage match contre rien de moins que Spiderman. Non, l'essentiel était de vous montrer à quel point Savage avait ouvert des voies dans le business et sa carrière plus que florissante, dans une WWF submergée par la vague Hulkamania en était la meilleure illustration.

 

C'est à ce moment qu'intervient, cher lecteur, la question qui te brûle les lèvres. Pourquoi donc, si Savage était aussi bon que je le dis (et il l'était !), n'est-il pas encore au Hall Of Fame ou au minimum, convoqué de temps en temps par la WWE dans un de ces segments où des légendes font des apparitions ? Et bien c'est à la fois le plus grand scandale de cette époque et l'une des énigmes des temps modernes. La réponse tient une phrase : Vince a la rancune tenace. Rappelez-vous le temps passé entre le Montreal Screwjob et la réconciliation entre VKM et Bret Hart. Mais on ignore tout des raisons de sa rancoeur avec le Macho Man.

 

 

Il n' a jamais voulu embrasser mes fesses.

 

 

La première hypothèse consiste à regarder les faits en face : Randy Savage fut l'un des tous premiers catcheurs à faire le mouvement de la WWF à la WCW en 1994. Il a donc en quelque sorte initié la fuite de talents qui a entraîné les Monday Night Wars (avant Hogan, Hart, Hall & Nash) et son départ fut peut-être l'un des coups les plus durs portés à la WWF d'alors. En effet, Randy Savage a quitté la WWF en étant le principal atout publicitaire de l'important sponsor qu'était Slim Jim à l'époque qui, de ce fait, a déserté la fédération pour suivre son porte-parole et investir dans le sponsoring de la WCW. Le départ du Macho Man a coûté, indirectement, à Vince MacMahon des millions de dollars qui sont allés, directement dans les poches de son concurrent.

 

La seconde hypothèse qui est la rumeur la plus prisée sur Internet, fait état de la vie privée de Randy Savage et serait liée à ses relations amoureuses avec une certaine personne très chère au cœur de son ex-patron. Jusqu'à ce jour, Vince aurait donc reproché à Savage d'avoir été l'amant de Stéphanie.

 

 

- Dis, Steph, c'est vrai ?

- Non, Hunter, à l'époque, j'avais une relation avec un homme politique français qui fait la Une de l'actualité.

 

 

Je vous avoue que cette théorie, extrêmement populaire car bien plus crapoteuse, me semble un peu trop improbable pour être examinée sérieusement. Et je penche plutôt pour une conjonction d'éléments. Il y a dans la raison du silence radio de la WWE des causes liées à la première, c'est certain. Il y a peut-être mais le saura-t-on jamais – aussi des possibilités que la seconde ait joué une part réelle. Mais je crois surtout qu'on néglige beaucoup l'affection réelle qu'avait la famille MacMahon pour Miss Elizabeth qui fut à la fois la femme et le manager de Randy Savage.

 

Entrée dans le business par hasard et par alliance, elle y a énormément réussi tant qu'elle était sous l'aile protectrice de son mari. Malheureusement, une fois le divorce prononcé, les choses devinrent beaucoup plus compliquées pour elle et elle fut la victime des pires aspects du business : Trophy Wife d'un abruti stéroïdé, rien ne lui fut épargné, ni les violences conjuguales, ni une fin tragique dans un excès d'alcool et de drogues. Je pense sincèrement que Vince qui les avait « mariés » devant son public en Pay Per View, ce qui comptait probablement plus pour lui que toute union devant Dieu, avait réellement pris ce simulacre pour la réalité et a fait porter l'entière responsabilité de la tragédie qu'a vécue Elizabeth au Macho Man.

 

C'est à mon avis la vraie raison de la mise à l'écart de la mémoire que la WWE construit autour de ses légendes. Elle avait depuis des années refusé d'intégrer Savage avant de le faire réapparaître petit à petit (en éditant des action-figures, des DVDs, en l'intégrant à son dernier jeu vidéo en date). Il ne reste plus à la WWE qu'à rattraper au plus vite son erreur en donnant à la famille Poffo (Lanny et Randy), la place qu'elle mérite au panthéon du catch.

 

 

Randy Macho Man Savage  : 1952 - 2011

In memory of Randy

Si je devais ne laisser qu’un seul com aux cdc, c’est sur cet article et pas un autre…
Merci Mister Spanish Announce Table, je ne sais point par quelle sorcellerie cet article magnifique m’avait échappé, moi le fan absolu de Randy Savage qui était, est et restera à jamais mon catcheur favori.
Fort heureusement, mon erreur infâââme est réparée et j’ai donc lu avidement ton papier tout en me débattant contre cette petite larme qui perlait le long de ma joue durant cette lecture me ramenant à une époque bien ancienne, ma jeunesse passée.

Du coup, ma frénésie de commentateur ne pouvait décemment ne pas te laisser un com sur cette nécrologie et te donner mon sentiment sur la vie et l’œuvre du macho man. Bien sûr, j’ai un sacré retard à l’allumage, étant donné que Randy est décédé en 2011, mais je ne peux m’empêcher de laisser un petit mot sur mon idole catchesque ;)
Alors loin de moi l’idée de faire un récapitulatif de la carrière de Macho man que tu as parfaitement réalisé, ni d’étaler son palmarès conséquent (même si le fait qu’il est détenu l’IC et le championship en même temps, c’était juste…wow…) mais plutôt te donner un ressenti et les émotions que j’ai vécu avec ce type incroyable qu’était Savage.

J’ai eu la chance d’avoir Canal + dès sa création, et surtout d’avoir un oncle vivant aux US à cette époque et qui envoyait des cassettes (V2000 et en VO bien sûr) à mon père de différents sports us de l’époque dont le catch. C’est ainsi que j’ai vécu live (ou presque) les débuts d’un certain Michael Jordan, la carrière d’un dénommé Joe Montana ou bien la fameuse WWF. En 1985, j’avais 14 ans, je connaissais très bien le catch…français (pour des raisons que je n’expliquerais pas ici), mais je commençais juste à suivre les exploits des wrestlers ricains, et là je découvre Macho Man dont je devins un fan illico.

Pour info, il faut savoir que le Macho King a joué aux Cardinals de St Louis en 1971(année de ma venue au monde) et qu’il évoluait au poste de « catcher » ça s’invente pas !
Et pour l’anecdote, il a commencé le catch en parallèle avec son parcours de joueur de base-ball et son 1er gimmick était le « Spider friend », 30 ans plus tard, il affrontait Spiderman en personne dans un Hell in a Cell match, la boucle était bouclée ! Quand mon jeune frère a vu le film en 2002, il m’a rappelé que quand nous étions ados, nous improvisions des combats où j’étais toujours le Macho man et lui le Warrior afin de nous bastonner allégrement dans les règles de l’art, je crois avoir été voir le film juste pour apprécier la performance de Randy !

Dans l’art du simulacre qu’est la discipline catchesque, ce mec m’a accroché immédiatement, son look surréaliste, son entrée spectaculaire, sa voix tonitruante, ses promos, sa relation avec la foule, Miss Elisabeth, et bien évidemment ses performances in ring qui me scotchait à chaque fois. Le mot Entertainer m’était inconnu à l’époque, mais dans son genre, il était un véritable artiste du ring.

Combien de fois me suis-je levé en transe devant le Savage’s elbow ou son diving crossbody ?
Je dirais : à chaque fois !!!
Entre 85 et 95, je pense avoir suivi tous ses combats, son mariage à Summerslam avec ce chapeau invraisemblable, ses feuds avec Hogan, le Warrior ou Flair (que j’ai toujours détesté) et j’adorais l’écouter aux commentaires, je me rappelle qu’il commentait à WM un match entre HBK et Tatanka et je le trouvais simplement démentiel même si je ne comprenais pas encore tout correctement !

Il était devenu mon idole du catch, et Heel ou Face, il est toujours resté pour moi la référence ultime, son combat contre the Dragon Steamboat est un must see qui a été élu match of the year 1987, mais à mon goût, c’est juste le match of the 20th century !
La légende raconte que les deux catcheurs avaient répété le combat au domicile de Randy en Floride et alors que Randy était le champion IC depuis plus d’un an (13 ou 14 mois je crois), celui-ci n’avait envisagé de laisser son titre qu’à un seul homme digne de cette ceinture si prestigieuse à l’époque et c’était The Dragon. Ils avaient écrit ensemble toute la feud qui devait les mener à ce combat historique, les bookers d’aujourd’hui pourraient prendre exemple parfois…
Alors bien sûr, le Macho Man ne laissait aucune place au hasard, chorégraphiait chaque combat avec minutie en étant maniaque jusqu’à l’extrême, mais c’était justement pour éviter de livrer des purges face à des catcheurs moyennasses in ring (coucou Flair et Warrior), il voulait que chaque match en sa présence soit un événement, et il voulait que son adversaire soit justement mis over pour prouver éternellement qu’il était le vrai cador de ce business, malgré toute l’ombre que lui portait Hogan et qu’il n’arrivera finalement jamais à détrôner en terme de popularité, le Hulkster étant inamovible dans ce rôle à l’image de Cena maintenant. Son départ à la WCW a sonné le glas de mon décrochage du catch vers le milieu des 90’s, mais il est resté dans mon cœur à jamais, pour moi il est la personnification du catch.

Je rejoins ton analyse SAT sur les raisons pour lesquelles la WWE ne l’a jamais introduit au hall of fame et qui sont toujours restées obscures, mais il semblerait que cette injustice pourrait être réparée en 2015, enfin je l’espère car avec VKM, on en est plus à un coup de Trafalgar près…

Finally, pour la jeune génération de suiveurs qui regarde les catcheurs 2.0 actuels, sachez que Super Macho a (à mon humble avis) laissé une trace indélébile dans ce business, un high flyer avant l’heure de 110 kilos et qui aurait fait un tabac sur Youtube si Internet avait existé à l’époque, ce gars était un mélange savamment dosé de voltige, de puissance, de technique, d’inventivité, d’humour et était capable en un combat de vous retourner une salle et de faire passer toute une palette d’émotions au téléspectateur que j’étais. Mama mia que c’était bon !

Voilà, j’espère qu’en ce moment, Randall Mario Poffo est à l’apéro avec André et le Warrior et qu’ensemble, ils refont les matchs à l’infini en lisant les CDC ;)
Rest in Peace Randy, oh Yeah !!!

C'est beau!

Sans déconner, c'est touchant.

Quel historien !

Merci Spanish pour ce superbe article. Tu es le veritable historien des CDC et tu es un peu le Pierre Tchernia du catch ^^
.
Sérieusement c'est impressionnant le travail de recherche, notamment au niveau des vidéos. Continue comme ça, les plus jeunes d'entre nous pourrons ainsi découvrir et adorer le catch d'antan

J'ai beau être un vieux fan

J'ai beau être un vieux fan de catch, je connais très peu la carrière de Randy Savage alors qu'il a toujours incarné à mes yeux une figure emblématique des années '90. Grâce à ce superbe hommage, j'ai pu enrichir un peu plus ma culture catchesque. L'article est superbement écrit, les références y sont nombreuses et on sent bien qu'il l'oeuvre d'un passionné vraiment touché.
.
Un excellent travail, merci.

Et si le catch était ce qui reste de meilleur des années 80 ?

Bon ok, y a plein d'autres trucs en fait mais c'est pas la première fois que je me fais la réflexion que la WWE de ce temps-là était quand même 'achement cool. Je viens de poster un commentaire sur la review de OTL en critiquant la nostalgie de Attitude, et on voit une fois de plus que le passé glorieux de la WWE n'est pas forcément celui qu'on croit.
.
Merci pour cet article Spanish en tout cas, un régal, à la fois passionné et passionnant, c'est le mélange idéal. Et j'ai pensé au passage à deux éléments du catch présents dans cette bio et qui pourraient faire l'objet d'une de ces études encyclopédiques dont tu as le secret : l'évolution du poil dans le catch, et la mystérieuse disparition des animaux sur les rings...

Petit hommage décalé

Excellent ce truc!

Mwaha, merci, ça m'a bien fait marrer, je vais en mater d'autres du coup!

Wow!

Passionnant, Span, merci beaucoup et bravo (j'adore ta théorie sur la WWE et Miss Liz, c'est bien plus classe que cette histoire de Macho qui aurait déniaisé la jeune et pas encore mégaboobsée Stephanie). Tu sais d'où vient ce personnage de "Macho Man"? Ca date de quand, c'est dû à quoi? Et sur sa mort, il semble qu'il ait eu une crise cardiaque. Si bien sûr plein d'hommes n'ayant jamais fait de catch claquent d'une crise cardiaque à 58 ans, c'est quand même un peu tôt, du coup qui sait si une vie entre les rings n'a pas précipité son décès...

Merci

Merci pour cette rétro, les liens vidéos sont vraiment très bons, j'ai découvert le personnage, (un peu tard probablement), et c'était un vrai plaisir!

GG

Merci pour l'hommage, à la fois rempli d'informations et d'émotion. Beau papier Spanish. ;)

R.I.P. macho man

R.I.P. macho man

bien bel hommage

Un bien bel hommage que voilà. Bravo Span.

Un fort bel hommage mon bon.

Un fort bel hommage mon bon. Mais dis-moi, lorsque tu as appris la nouvelle tu t'es beurré jusqu'à plus soif ?? Nan parcque le ton direct employé m'a quelque peu surpris XD.
.
Plus sérieusement ce que je souhaite maintenant, c'est que le Macho Man où qu'il soit, puisse être en compagnie de Miss Elizabeth et tout en prenant un verre en compagnie d'André the Giant.

What's up?




2009 - 2018
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Merde, j’ai toujours été nul au Puissance 4.


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Brock Lesnar à propos de John Cena

"At 9 am Eastern time tomorrow, the WWE Network goes live. But the problem is you’re all gonna be so overwhelmed by the incredible content available, you won’t be able to turn it off. Adults will lose their jobs and kids will be expelled from schools for lack of attendance. In fact, you’re gonna be so mesmerized by the incredible content of the WWE Network that you won’t even have time to remove the garbage from your houses. Your places are gonna start to stink, rats will move in, and they’re gonna look like bigger pigsties than they already do. Ultimately, the government is gonna come along and condemn your homes and you will all be left homeless defending yourself on the street. Thank you very much."
Bad News Barrett

"He’s twisting him so much his twin brother is getting dizzy !"
JBL commentant un Giant Swing d'Antonio Cesaro sur l'un des frères Uso.

"I think I'm a little too old for you Jerry. I'm 26, I know you like them younger."
AJ Lee, à Raw, s'adressant à Jerry Lawler

"It looks like James Storm has had more partners than Taylor Swift lately, he should probably get tested"
Bad Influence

"Having watched that… I regret the doctors in Canada saving my life.”
Jerry Lawler, après le segment où Mae Young a accouché d'Hornswoggle.

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Brock Lesnar

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Paul Heyman, sur Twitter

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Le Miz, Hell in a Cell

"Can you figure that? She's not able to get a date! I mean, even Natalya is able to get a date!"
Eve à propos de Layla

"I understand that you barbaric buffoons could easily eviscerate me and dispose of me like common trash. However, if you do so, I will not be a victim. I will be a martyr. A martyr for anyone who appreciates a sophisticated mind."
Damien Sandow, à DX.

"Apparently, giants can win the Super Bowl, but not matches at WrestleMania. You’re like ‘The Reverse Undertaker’. Who are you going to lose to this year? The boxer or the sumo wrestler?”"
Cody Rhodes au Big Show

"The Kliq is back, which is kind of ironic because "click" is the noise the audience's remote control makes every time Kevin Nash pops up on their TV screen."
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"It's a conspiracy! C... O... N.... Spiracy!"
R-Truth

"I understand that... that Vince McMahon's gonna make money despite himself... he's a millionaire who should be a billionaire... you know why he's not a billionaire? It's because he surrounds himself with glad-handing nonsensical yes-men like John Laurinaitis, who's gonna tell him everything he wants to hear... and I'd like to think that maybe this company will be better after Vince McMahon is dead, but the fact is it's gonna get taken over by his idiotic daughter and his doofus son-in-law and the rest of his stupid family."
CM Punk

"These people are not Jimmies. They are the greatest fans in the world!"
John Cena, à R-Truth qui venait de qualifier le public de Raw de "Little Jimmies".

"Can you imagine if Sheamus wins this thing? I mean, the international ramifications, I mean the buyrate, I’m talking about the demographic change and everything? If Sheamus wins this match, it will be huge, not only for him but for the Smackdown brand."
Booker T., pendant un Title Match opposant le champion poids lourds Randy Orton à Sheamus.

"When I’m done with him, he’s gonna have barbecue sauce fueling out from his belly button like a geyser."
Michael Cole à propos de Jim Ross

"The WWE has gone from the powerful "Austin 3:16" to the dominant and iconic "can you smell what the Rock is cookin?"... all the way to "You can't see me"? You can't see me, what are you, playing peek-a-boo? Believe me, we all can see you. A blindfolded, sleeping, stuck in the basement Stevie Wonder can see your monkey ass. How in the hell do you think we can miss you come out here with your bright ass purple shirt, before that bright green shirt, bright orange shirt like a big fat bowl of Fruity Pebbles?"
The Rock à John Cena

"Jerry Lawler has forgotten more about wrestling than the Miz has ever known."
CM Punk

"If anyone says you can't do something, if anyone says you can't live your dream... Believe them, because you can't."
The Miz

"William Regal did the real work with this young man. Shawn Michaels took $3000 from him, that's all he ever did."
CM Punk à propos de la formation de Daniel Bryan

"I would RKO my own grandmother if it meant keeping this title. And then I'd RKO YOUR grandmother just to see the look on her face."
Randy Orton, à Sheamus

Virgil: - Ted, what are you going to do for protection?
Ted DiBiase, jetant un coup d'oeil à Maryse: - Go to the drugstore.

"Her teeth are going to be like the Ten Commendments after this match: all broken."
Alicia Fox, à propos d'Eve Torres

"Layla is not married. She deserves a good husband. I should marry her before she meets him."
Jerry Lawler

"If I suck, why would a Perry deli – the top Perry deli – name their top-selling sandwich after me? It's called the Swaggie. It smells like freedom."
Jack Swagger

"I realize how much of a starmaking performance I had in McGruber. The reviews have been off the charts. As a matter of fact, they are speaking of a possible early Oscar nomination."
Chris Jericho

"I'm sure your mom's uterus is awesome."
Vicki StElmo à Vladimir Kozlov

"If we were in your era, I'd put a Sharpshooter on you faster than you can put a pair of cheap sunglasses on an ugly kid."
The Miz, à Bret Hart.

"When I look at you I don't see fans. I don't even see people. I see money, money, money, money. Dollar signs, dollar signs, dollar signs, dollar signs. With some of you, a lot of dollar signs because I see a lot of fat people in the audience and I know you paid for two seats. Thank you very much!"
Batista à Raw.

"We are real women with the body that God created us with."
Mickie James, la femme aux implants mammaires en silicone qui explosent dans le ring.

Don Johnson: "This is a mistake!"
The Miz: "Mistake? No. Pink shirts and white suits, that is a mistake."

"One nation under Punk, undivisible, with integrity and sobriety for all!"
CM Punk

Michael Cole: "Our guest at ringside, Marisse. Welcome."
Maryse: "Oh my god, Michael Cole, you vintage nerd. You can't even say my name right. I should punish you and just give you my French kiss."

"If I see you in my match tonight, I'm gonna tear your intestins out and jump rope with it. And that's not all. I'm gonna take my two fingers, I'm gonna dig up your nosedrills and I'll rip your brain out. And I'm gonna put it in a newspaper and I'm gonna smash it against a window."
Mike Tyson à Hornswoggle

Ted DiBiase: "My movie, the Marine II, is superior to the original Marine."
Cody Rhodes: "Ted, my fifth grade graduation video is superior to the original Marine."

"I'm on Raw, you're on Smackdown... Long distance relationships don't work, Chris."
Big Show

Jerry Lawler, après une promo de Maryse où elle a qualifié Melina de "petite poupée": "Did she just say poupée? Do you know what that means in French?"
Michael Cole: "What?"
Jerry Lawler: "I... I can't say it!"

"I respect her. There are a lot of things that she does that I couldn't do, being the size that she is."
Michelle McCool à propos de Mickie James.

"We have MVP on the stage, and PMS in the ring."
Goldust, à propos des divas assemblées dans le ring pendant les Slammy Awards 2009.

"It was kind of like the 300 at the battle of Thermopylae, but with better abs".
John Morrison à propos de la fin de son match à Survivor Series, quand il s'est retrouvé à 1 contre 3.

"Hi, I'm John Morrison, and one time I drove my Lexus 700 miles on a tank full of my own urine."
John Morrison

"I always said if I could put my brain in Andrew’s body he’d be a 20-time world champ."
Edge à propos de Andrew "Test" Martin