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Cela fait maintenant un mois tout pile que Jinder Mahal est champion de la WWE. Selon vous::

Un éléphant ça Trump énormément

Government is the Entertainment Division of the military-industrial complex.

Frank Zappa

 

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où on va parler de Donald Trump, du catch, et de l'influence de ce dernier sur la tentative de carrière politique du Hall of Famer. Ah, et comme une fois n'est pas coutume, cet article sera peut-être lu par des gens qui s'y connaissent moins en catch que le lecteur habituel de ces colonnes, on va détailler plein de trucs.

 

 

Not even the middle finger

Donald, c'est même pas le bon doigt pour le message que tu veux faire passer.

 

Tout ce que vous avez voulu savoir sur Donald Trump, la politique et le catch

 

 

Or donc, depuis quelques semaines, on lit, ici ou là, que l'une des raisons du succès de Donald Trump aux primaires républicaines serait à rechercher du côté de ses apparitions aux abords des rings de la WWE, principale fédération de catch aux Etats-Unis et poids lourd du divertissement sportif.

 

Cette idée est apparue dans Rolling Stone puis dans la presse magazine française (Les Inrocks), sur un grand site d'actualité américain américain (Yahoo News) et il n'est pas impossible que d'autres journalistes utilisent cet angle d'attaque intéressant pour décrire le prochain épisode de l'épopée trumpienne. Les articles sont plutôt bons, sans erreur factuelle notable. Néanmoins, si je n'ai pas réellement d'avis très éclairé sur la politique américaine en particulier, il me semble, compte tenu de ce que je connais du catch, que ce parallèle est pour le moins hasardeux car riche de raccourcis et d'omissions qui me dérangent beaucoup.

 

Avant de pouvoir émettre ce genre d'opinion d'une manière définitive, il va falloir expliquer, prendre des exemples, argumenter sur les passerelles que le catch peut établir avec la politique afin de suivre un raisonnement qui va un peu loin que le titre un peu accrocheur d'un article. Commençons d'abord par nous poser la question qui fâche et qui n'est jamais posée : « Peut-on être (ou avoir été) catcheur et faire plutôt bien de la politique ? ».

 

 

Le roi des rois

Pour simplifier le propos, la rédaction des Cahiers du Catch a décidé de passer sous silence les courants royalistes pourtant fort souvent représentés à l'écran.

 

 

Il peut arriver, trop fréquemment hélas, que quelques catcheurs à la carrière en perte de vitesse jouent les gros bras/forts en gueule pour quelques potentats locaux, mais bon, aux CDC la rubrique people basée sur la vie de Marc Mercier, ce n'est pas vraiment notre sujet, ça ne l'a même jamais été. On parle de vraie politique, de gens qui émettent des idées et/ou exercent des responsabilités.

 

Aux Etats-Unis, on dénombre deux personnes qui, différemment, ont réussi dans ce domaine. Le premier, c'est Glen Jacobs, toujours en activité, que les fans de catch connaissent sous le nom de Kane et qui est l'un des piliers idéologiques du courant politique libertarien. Ce courant politique est marqué extrêmement à droite en termes économiques et se caractérise en général par une certaine souplesse sur les questions de société au motif que toute forme d'interdiction émise par l'Etat constitue une forme d'oppression. La doctrine est contestable, mais ce n'est pas le propos ici; elle est souvent utilisée comme un faux-nez par des ultra-réactionnaires dans tous les domaines mais la démarche de celui qu'on appelle le Big Red Monster n'est pas de cet ordre-là vu la qualité des écrits qu'il produit et le crédit qu'on lui accorde dans ces milieux.

 

 

Une personne de couleur en laisse, c'est toujours bien

La doctrine libertarienne libérant l'Amérique de l'oppression cosmopolite. Allégorie.

 

 

Kane en costume

Pour ceux qui l'ignoreraient voici donc Kane, en tenue de travail...

 

 

Le deuxième exemple qui vient à l'esprit est celui de Jessie « The Body » Ventura qui fut, tour à tour catcheur puis commentateur de catch avec quelques incursions à Hollywood dans les années 1980 - sur des gros films d'action comme Running Man ou Predator - avant de devenir, en 1991, maire de Brooklyn Park, Minnesota puis à partir de 1998, gouverneur de l'Etat du Minnesota sans pour autant bénéficier du soutien d'un des deux principaux partis américains.

 

Son élection, suite à une campagne assez tapageuse et sensationnaliste, tout comme l'est le personnage lui-même, a abouti à une victoire surprise et à un mandat où Ventura, comme tous les politiques ne se déclarant ni de droite ni de gauche a tenu une ligne plutôt de droite, mais  a néanmoins eu l'occasion de prendre ses distances à plusieurs reprises par rapport à certaines positions ultra-conservatrices de George W. Bush qui était à la Maison Blanche à l'époque.

 

Son bilan en tant que gouverneur n'est pas catastrophique même s'il n'a pas souhaité poursuivre cette carrière. Il est retourné dans le monde de l'entertainment où il a animé des émissions de télévision, notamment sur les théories du complot. Ce sujet très controversé, la tendance américaine aux documentaires sensationnalistes, la faculté propre aux catcheurs à toujours endosser le costume du mec convaincu de ce qu'il dit, font qu'on a en général tendance en France à juger le bilan politique de Ventura beaucoup plus à droite qu'il ne le fut réellement à l'échelle politique américaine.

 

 

Jesse The Body

Qui ne voterait pas pour le frère d'Edwy Plenel ?

 

 

La campagne de Jesse Ventura est un modèle avoué et revendiqué par les équipes de Trump lors de ces primaires républicaines qui utilisent eux aussi l'axe de narration du « candidat extérieur qui bouscule le jeu habituel ». Néanmoins, rien n'assure que les programmes politiques soient les mêmes.

 

Dans la même veine que Jesse Ventura, mais au chapitre échec retentissant, il convient de noter que Jerry Lawler, autre catcheur de renom de la même génération, n'a pas réussi à devenir maire de Memphis, Tennessee, en 2009. Le personnage de Lawler est pourtant extrêmement similaire à celui de Ventura : passage par le ring puis par la table des commentateurs, détour par le cinéma chez Milos Forman dans Man On the Moon, où il joue son propre rôle. De plus, son implication locale est bien plus forte: le type se fait quand même surnommer « The King » à Memphis, la ville d'Elvis, sans que cela ne pose problème ni ne paraisse illégitime. A sa décharge, il a rencontré quelques petits soucis personnels : un fils, catcheur lui aussi, aux talents surtout « stupéfiants », une passion réelle pour les femmes nettement plus jeunes que lui et un procès a priori injuste pour détournement d'une mineure de 14 ans.

 

 

Jerry the King

Excusez la tenue, ma femme a vomi son biberon sur mon T Shirt.

 

 

Pour terminer cet inventaire exhaustif des expériences politiques dans le catch, il faut aborder le cas de Linda McMahon, épouse de Vince McMahon et donc du patron de la WWE, la fameuse fédération dans les rings de laquelle Donald Trump aurait soi-disant tout appris. Elle a échoué deux fois de suite en tant que candidate républicaine à un siège sénatorial dans le Connecticut et ce, malgré la puissance financière de sa société, son implantation locale historique et son rôle économique important dans l’État.

 

Voilà donc pour le chapitre « catch et politique » aux Etats-Unis. Dans une autre place forte du catch, le Mexique, on remarquera que lucha libre et politique sont totalement étrangers.

 

 

Vince McMahon

Excusez le sourire crispé, j'ai financé les deux campagnes électorales de ma femme.

 

 

Mais au Japon, c'est une autre paire de manches. Antonio Inoki, légende vivante du catch japonais, et Onita Atsushi ont tous deux réussi à siéger à la Diète, le Parlement japonais. Murakawa Masanori a, pour sa part, réussi à décrocher un mandat au parlement régional de sa province grâce à sa carrière sous le masque de Great Sasuke. C'est même le seul exemple connu actuel de catcheur masqué autorisé à siéger dans un parlement avec son masque.

 

 

On a beau faire, le Japon aura toujours un siècle d'avance sur le reste de l'humanité.

 

 

Terminons par l'exemple ultime de la réussite d'un catcheur en politique. Il s'agit de Hase Hiroshi, dont les accomplissements en matière de catch sont plus que respectables : formé au Canada par le légendaire Stu Hart, nommé « meilleur catcheur technique » en 1993 par le très prestigieux Wrestling Observer, détenteur du prix du meilleur match de l'année 1991 pour un match par équipes contre les très rugueux Steiner Brothers, il coule une retraite tranquille et paisible en étant l'actuel Ministre de l'Education, de la Culture, des Sports, des Sciences et des Technologies du Japon. Et sa nomination n'est pas a priori un coup médiatique du premier ministre Shinjo Abe puis qu'il occupait déjà auparavant de hautes fonctions au ministère après un mandat à la Diète et que son ministère est d'autant plus stratégique que sa feuille de route comporte l'échéance des Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

 

 

John Cena

Depuis qu'il a appris qu'on pouvait être ex-catcheur et ministre, John Cena a décidé de mener campagne pour devenir président du FMI.

 

 

Continuons en observant la « carrière » de Donald Trump à la WWE. Pour ceux qui ignoreraient ce qu'est la WWE et à quel point cette entreprise est un géant du divertissement à l'américaine, je ne saurais que trop vous conseiller de vous reporter à ce qu'en dit Boris Helleu, universitaire spécialisé dans le Management du Sport, dans son blog en général et dans cet article en particulier où il signale le classement Forbes des plus grandes marques sportives. Wrestlemania, le plus gros show de l'année pour la WWE, qui occupera ce dimanche sept heures d'antenne non-stop, est un événement sportif extrêmement important économiquement. Forbes le classe aujourd'hui dans le top 5 des événements sportifs les plus lucratifs du monde : juste derrière le Superbowl, les Jeux olympiques d'été et d'hiver, et la Coupe du monde de football. Tu remarqueras en plus, cher lecteur, vu que tu es très futé, que dans ce top 5, il y a une tripotée d'évènements qui n'ont lieu que tous les quatre ans alors que la WWE organise un Wrestlemania par an et qu'elle assure la promotion d'autres événements, notamment Summerslam, pendant six mois par an.

 

 

Titres multiples

Oui au cumul des mandats.

Oui au cumul des mandales.

 

 

Cela dit, Wrestlemania n'a pas toujours été un moment aussi incontournable. Il y a un quart de siècle, la marque était moins bien établie. C'est à cette occasion que Vince McMahon et Donald Trump ont passé une sorte de deal où l'un accueillait l'événement dans sa ville-casino d'Atlantic City tandis que l'autre assurait la promotion de ce qui se voulait le Las Vegas de la côte Est à la télévision (Wrestlemania IV et V). L'échange de bons procédés entre milliardaires ayant tous deux hérité de l'empire de papa était gagnant-gagnant mais, franchement, je ne pense vraiment pas que Trump ait pu tirer un quelconque enseignement pour sa future carrière politique de quelques places au premier rang d'un événement sportif pas si important que ça en 1989 ou 1990. En revanche, cela lui a sans doute permis de construire une amitié avec un milliardaire aussi mégalomane que lui, Vincent Kennedy McMahon, le patron de la WWE.

 

Il faudra attendre janvier 2007 pour revoir Donald Trump dans un ring de la WWE. Enfin, le revoir, c'est vite dit… En janvier, soucieuse de rebondir sur la polémique médiatique d'alors entre Rosie O'Donnell, une célébrité télévisuelle, et le milliardaire à moumoute, la fédération décide de mettre en scène un combat de sosies. Le résultat est affligeant à tous points de vue : le match est mauvais et la caricature d'un goût plus que douteux (le catcheur censé imiter Trump termine le match en écrasant la face de son adversaire ventripotente sur un gateau en forme de baleine).

 

 

Power to the people

Le sosie de Trump était encore moins ressemblant que ça.

 

 

La séquence dure un quart d'heure dans une ambiance sonore indiquant clairement la désapprobation de la foule. Interviewé rétrospectivement (Colt Cabana AOW Podcast numéro 16), le catcheur figurant qui interprétait Trump ce soir-là dira que la consigne lui avait été donnée de ne pas s'inquiéter de la qualité du combat et des réactions négatives du public : les résultats calamiteux en termes de spectacle étaient anticipés. La manœuvre cherchait donc à remplir d'autres objectifs que celui de l'audience. Le but était, d'une part, de tourner une pastille d'actualité télévisuelle pour en tirer, peut-être, des retombées au niveau de la presse. D'autre part, de reprendre le contact avec Donald Trump pour éventuellement organiser une apparition télévisuelle du magnat.

 

La stratégie peut paraître étrange mais organiser un mauvais match de catch avec un faux Trump plutôt que de passer un coup de téléphone est une technique d'autant plus maligne qu'elle conditionne déjà le public. Si Trump apparaît et ne catche pas, même s'il n'est pas extrêmement populaire, il sera toujours mieux reçu que ce mauvais match avec un mauvais sosie et donc l'impression qu'il donnera à l'antenne sera celle d'être une grande star, de celles, populaires, mais pas bégueules, qui se mêlent aux superstars du catch. La stratégie fonctionnera à merveille puisque quelques mois plus tard, Wrestlemania 23 verra se dérouler la "Battle of the Billionaires" opposant Vince McMahon, patron de la compagnie à l'écran comme à la ville, à Donald Trump.

 

L'enjeu est alors double : scénaristiquement, c'est le contrôle de la compagnie à l'écran ;  personnellement, le perdant devra se faire raser la tête conformément à une formule fort populaire dans le catch mexicain, celle du Hair Match.

 

Afin de garantir un intérêt sportif et spectaculaire au match, les deux protagonistes s'affronteront par lutteurs interposés et le match sera arbitré par un arbitre spécial, Stone Cold Steve Austin, l'un des catcheurs retraités les plus légendaires de la fédération. Dans le camp des méchants, Vince McMahon joue son personnage habituel de patron tyrannique, et est représenté par Umaga, le bulldozer samoan, relecture catchesque et moderne du mythe du sauvage rousseauiste. On notera au passage le caractère raciste sur les bords et au milieu du personnage de ce dernier. Dans le camp des gentils, une montagne de muscles, Bobby Lashley, athlète de couleur — c'est suffisamment rare de voir des gentils noirs à la WWE à ce niveau pour être souligné —, qui se bat pour Trump.

 

 

Sosie Clinton

Umaga, le buldozer samoan avec un sosie d'Hillary Clinton (lors d'un autre angle scénaristique).

 

Alors entendons-nous bien pour raconter un peu le déroulé de cet arc narratif qui durera en tout deux mois : si Trump est le gentil de cette histoire, c'est par défaut. Il n'est pas particulièrement présenté comme sympathique. Et il ne gagne le soutien du public que parce que son antagoniste est particuliérement détestable. S'il est associé à un catcheur « gentil », celui-ci n'est pas le plus populaire, loin s'en faut. Le match de Wrestlemania en lui-même est plutôt court (13 minutes) et la séquence, comprenant les entrées des catcheurs et l'épilogue de l'affrontement avec la coupe de cheveux au milieu du ring, ne doit pas excéder 25 minutes.

 

Les événements scénaristiques qui ont permis d'installer l'histoire lors des émissions télévisées (gratuites, contrairement à Wrestlemania) précédentes n'ont pas non plus duré très longtemps. Quelques séquences où Trump est en duplex et une séquence d'interaction verbale en direct dans un ring qui dure 25 minutes. De fin janvier à début avril 2007, Trump aura donc utilisé en tout au maximum une heure dix d'antenne télévisée pour cet événement. Une heure et dix minutes c'est finalement assez peu proportionnellement quand on sait que la WWE fournit à l'époque cinq heures de télévision par semaine sur trois chaînes distinctes.

 

La place de ce match lors de l'événement de catch le plus important de l'année est particulière. Ce n'est pas le lever de rideau, ni le clou du spectacle, ni l'autre attraction principale, mais le match dit de « Special Attraction » dédié à distraire tout en permettant de promouvoir le show via une publicité gratuite dans les médias. On trouvera dans le passé des sportifs de haut niveau dans ce même genre de combat (le footballeur américain William Perry, le sumo Akebono) et plus tard des célébrités comme Mickey Rourke (assurant là la promotion du Wrestler de Darren Aronofsky) ou une starlette de la téléréalité comme Snookie, depuis clonée en version française sous le nom de Nabila.

 

 

Sosie Obama

Il fut une période où la WWE adorait les sosies de personnalités politiques: ici, Barack Obama.

 

 

Trump a donc bénéficié d'une exposition, certes non négligeable, mais pas plus inhabituelle que ça ni même particulièrement importante. Pour services rendus, la WWE lui offrira en 2013 une place dans son Hall Of Fame, où il prononcera un discours sous les huées de la foule pour une petite dizaine de minutes. Il rejoindra ainsi un club fermé de célébrités honorées par la WWE comme Mister T., Mike Tyson, l'animateur du Juste Prix Drew Carey, ou Arnold Schwarzenneger (parce que la WWE a un tropisme républicain évident) et bientôt Snoop Dogg (parce que la WWE a une politique interne sur le dopage avec la marijuana plutot lâche).

 

Et si l'intronisation "du" Donald peut être discutable, il n'est certainement pas la personnalité la plus détestable de ce club au sein duquel la WWE a été récemment contrainte à effectuer un certain ménage afin de rayer de la liste des catcheurs honorés un meurtrier présumé (Jimmy Superfly Snuka) et un raciste notoire pris sur le vif de propos inacceptables lors de l'enregistrement de sa sextape (Hulk Hogan en personne). Et s'il fallait rayer de ce palmarès tous les gros cons racistes bas du front de la trempe de Donald Trump, la WWE aurait un panthéon à moitié vide.

 

 

Trump Hall Of Fame

Le vrai Trump avec deux sosies l'une de l'autre.

 

 

Après ce constat chiffré de la participation de Trump aux produits de la WWE et une analyse rapide du tropisme républicain de cette fédération, posons enfin la question : Trump a-t-il appris quelque chose dans un ring ?

 

En termes d'interaction physique, non. C'est une évidence. Sa contribution se limite à un très mauvais coup de la corde à linge.

 

En termes d'art oratoire, pour en discuter, il va falloir d'abord bien comprendre ce que l'exercice représente, pour un catcheur. En catch, en général, on fait sien le bon vieil adage cornélien « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Il est donc extrêmement rare de voir un catcheur dévaloriser totalement son adversaire. Personne n'a envie de voir une force de la nature herculéenne écraser un avorton. On évite donc de dire que l'adversaire est mauvais: on dira plutôt qu'il est redoutable mais qu'on est meilleur que lui. On n'antagonise donc jamais en rabaissant totalement l'adversaire, on préfère opposer sa ruse ou son endurance à un adversaire à qui on concède qu'il est plus costaud. Il peut y avoir quelques exceptions ici ou là mais elles concernent ceux qui recherchent l'hostilité du public, ceux qui peuvent se permettre de triompher sans gloire, en trichant par exemple.

 

Dans un ring de la WWE, en termed oratoired, il est une règle d'or imposée à tous : toute forme de discours long doit se construire tout comme un match est lui-même architecturé. Cela implique, en termes de contenu, de faire appel à une palette d'émotions différentes du public. On ménage ainsi des temps forts et des temps faibles jusqu'à un climax où l'on martèle le message final, l'argument massue.

 

 

Promo Classe

Moi, mon argument massue est une montagne de muscles.

 

 

En termes de rythme, il est aussi nécessaire de fonctionner en trois temps dans son rapport avec le public. Vince McMahon l'explique à ses auteurs en décomposant les phases d'interaction avec le public : action, réaction, puis respiration. La troisième étape étant essentiellement destinée à ce que tout le monde dans la salle comprenne bien de quoi il retourne (via une répétition, une digression) et même éventuellement commente avec son voisin ce qui vient d'être dit, reprenne un slogan s'il lui plait.

 

Ce timing très particulier, plus ou moins aisément détectable selon la virtuosité du catcheur au micro, se comprend plus facilement si on le compare à un temps fort d'un match :

 

- Un catcheur fait un mouvement spectaculaire : Action.

- Le public manifeste son étonnement : Réaction.

- Le mouvement a cloué les deux catcheurs au sol et ils ont besoin d'un temps de récupération qui permet de diffuser ce qui vient de se produire au ralenti sur les écrans géants et le téléviseur du spectateur : Respiration.

 

Ce sont ces trois éléments clés qui font le bon catcheur moderne depuis que la WWE reconnaît officiellement que le catch n'est qu'un spectacle et que rien de ce qui se passe dans ses rings n'est vrai. Ce sont ces techniques oratoires que le boss de la société enseigne encore aujourd'hui avant les shows aux catcheurs lors de cours particuliers nommés « promo class ».

 

 

Promo Classe

Ryback jamais assister promo class. C'est l'heure du manger. Alors Ryback parler mal dans micro.

 

 

Et je ne pense pas que les performances rhétoriques de Trump ne se plient ne serait-ce qu'à deux de ces critères sur les trois. Il antagonise toujours au maximum sans jamais valoriser son contradicteur, ne suscite que peu d'émotions variées dans son public en se limitant au registre habituellement utilisé par tous les orateurs de droite extrême et, comme tous ceux-ci, ne ménage surtout pas de temps de respiration qui pourraient permettre à son public de réfléchir aux failles du raisonnement qu'il lui expose.

 

L'apport du catch au phénomène Trump apparaît donc comme mineur : moins de deux heures d'émission au total depuis sa première apparition à l'antenne en 1988. Et aucune prise de parti publique de la compagnie à son endroit depuis le début de la course aux primaires. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant : la WWE est fondamentalement républicaine mais c'est un empire financier tel qu'actuelllement, comme tous les tycoons de l'entertainment américain, toute prise de position politique lui serait dommageable au niveau boursier.

 

Si certains des thèmes trumpiens ont été évoqués à l'antenne, notamment celui du mur avec le Mexique, ceux-ci l'ont été il y a presque dix ans dans un contexte particulier où le personnage qui prononçait ces propos était clairement défini comme le salaud de l'arc narratif.

 

 

Promo Classe

Le salaud en question, légende de la lutte (professionnelle), ici avec deux légendes de la lutte (des classes).

 

 

En gros, reprocher à Trump d'avoir bénéficié d'une quelconque expérience dans le catch, c'est un peu comme reprocher à Raël d'être devenu gourou et expert en manipulation mentale au prétexte qu'un jour, quand il était enfant, un prestidigitateur l'avait invité à monter sur scène pour choisir une carte parmi cinquante-deux.

 

Bon, alors là, cher lecteur, fan de catch, ou novice en la matière appâté par le jeu de mot spirituel du titre de l'article que Google t'a gentiment fourni, tu vas me poser une question : Pourquoi, donc, Trump a-t-il eu l'opportunité de « revenir » à la WWE en 2007 ?

 

Trump est revenu au catch parce que c'était une star de la télé-réalité.

 

The Apprentice, tu connais ? Récemment, M6 a essayé de te fourguer la version française de ce magnifique produit. Co-produit par Trump et le mastodonte de l'entertainment qu'est Fremantle Media, lui-même filiale d'un géant des médias. Un programme avec en vedette Donald Trump, 11 saisons de téléréalité avec des épisodes où les candidats font des pieds et des mains pour au final gagner un boulot chez Donald Trump. 11 saisons d'affilée avec des shows d'une heure au début puis deux heures vu le succès.

 

 

Lepers

Ce jeune retraité fut pendant des années le collègue de Donald Trump (et il n'était pas le seul).

 

 

Je te laisse, cher lecteur, le soin de comparer l'effet de The Apprentice aux deux heures au total que Trump a dû passer à la WWE depuis 1989.

 

Évidemment, il y a une passerelle entre le catch, spectacle télévisuel épisodique et scénarisé, et la télé-réalité mais l'un a totalement abandonné la prétention d'être réel depuis le Montreal Screwjob (1997) tandis que l'autre ne doit sa survie qu'à l'illusion même qu'il est réalité, que ce soit sous sa forme de concours de cuisine, de chant ou de tricot, demain peut-être.

 

Évidemment, il y a une passerelle entre le catch et l'atmosphère médiatique ambiante où le storytelling politique se confronte chaque jour à l'oeil critique et moqueur de l'info-tainment. Là aussi, on a quelque chose qui est clairement scénarisé par une équipe de spin-doctors, conçu pour être épisodique afin de monopoliser l'agenda médiatique et traité par certains acteurs de la presse comme si tout cela n'était qu'un gigantesque spectacle et pas la réalité.

 

 

Bob Backlund

Par souci d'exhaustivité, je rajoute cet homme (Bob Backlund) aux anciens catcheurs américains ayant voulu faire de la politique. Son échec fut si retentissant qu'il était inutile de le mentionner dans le texte.

 

 

Mais le théâtre et la caricature de la réalité demeurent le coeur de métier assumé du catch. Au contraire de la télé-réalité et de l'info-tainment qui prétendent décrire la réalité ou l'altèrent en prétendant la décrire. Critiquer l'ascension de Trump dans le monde politique à la lumière de son intégration au sport entertainment est une très bonne idée mais le faire sans réfléchir aux causes réelles de son ascension, notamment au rôle d'un groupe de presse et de médias qui sera peut-être demain l'employeur de celui qui rédige le papier, c'est un peu court.

 

 

Demain, on rase gratis!

 

The Apprentice

Bien vu pour ta démonstration convaincante, l'émission parait effectivement plus "fondatrice" que les piges chez Vince 2M. Me semble qu'il avait fait juste une autre apparition à la WWE que tu n'as pas mentionné: en guest host de Raw lorsqu'il a offert des centaines de dollars à ceux qui téléphonaient, me semble que c'était un peu plus tard que la période WrestleMania 23, mais peut-être cela faisait-il partie de la feud je ne jurerai de rien.

Puis l'attitude catch dans le fond, on peut l'avoir dans la vie de tous les jours (j'estime que c'est mon cas, pour ce qui est notamment de surjouer les ressentis, vivre intensément les choses) sans avoir été formé entre les 4 cordes de la WWE, peut-être Trump est-il amateur de catch sans y avoir pris part à maintes reprises ?

Et à ma connaissance, le seul

Et à ma connaissance, le seul milliardaire qui a donné de l'argent à ceux qui téléphonaient, c'est Vince himself dans le "McMahon's Million Dollar Mania"

guest host

Son dernier passage n'était pas vraiment en guest host, mais Vince venait annoncer qu'il avait vendu la WWE (ou Raw) a Donald Trump. Ce dernier avait fait un show qui déplaisait à Vince qui, finalement, racheta la compagnie plus chere qu'il ne l'avait vendu en fin de show.

OK ça me revient now

OOps j'ai mixé plusieurs éléments en fait, alors effectivement Trump n'est pas apparu autant à la WWE que les articles de presse sur ce thème peuvent le laisser paraître. Mais ça fait du bien quelque part d'entendre certains médias faire le parallèle politique-catch que je défends depuis longtemps pour justifier mon intérêt non-contradictoire pour les deux domaines.

Passionnant!

Je laisse rarement un commentaire pour ne rien dire, mais là, je n'ai qu'un mot, c'est passionnant à lire!

Bah pareil !

Du coup je prédis un goshometre du feu de dieu demain.

Splendide !

Merci pour ce papier SAT, beau travail.

It's a Trump !

Merci de cette analyse SAT. Particulièrement tes passages traitant de courants politiques, joliment retranscrit.

Trump, c'est un Ronald Reagan contemporain sous biens des aspects. On n'ose pas imaginer que cela arrive à nouveau, et pourtant, on en est très proche.

Qui a dit que 2016 serait une meilleur année que 2015 ?

Bravo

Très bon article Span!
On pourrait même ajouter en catcheur-politique, Ludvig Borga qui devint député de Finlande après sa carrière.

merci

Oui j'avais oublié Borga, un catcheur qui, par ailleurs, apparaissait dans le ring avec un pansement pour masquer son tatouage nazi à l'antenne.

Quel beau papier!

Très intéressant tout ça, notamment le rappel des liens anciens entre catch et politique (je mettrais bien le lien vers les papiers de Reune mais je le fais pas pour qu'il revienne et les poste lui-même). A propos, moi ça m'intéresse le trip de Backlund, je croyais que c'était uniquement en kayfabe. Détail: l'histoire du mur anti-mexicains, ça remonte peut-être à y a dix ans, mais Colter c'est nettement plus récent, même si ça date sauf erreur d'avant la montée en puissance de Trump. Marrant en tout cas que la WWE ne parle pas du tout de son Hall of Famer au moment où il est trending topic worldwide, mais j'imagine que la bad press liée à Trump les embarrasse un peu.
Sur le fond, je suis d'accord avec toi. Le catch est un aspect très marginal de l'expérience de Trump, et ne l'a sans doute guère inspiré (tant mieux pour lui d'ailleurs du point de vue de l'articulation de ses discours, ça passe très bien auprès de son électorat... On peut cependant faire un parallèle entre son "Make America great again" et les catchphrases des catcheurs, mais ce n'est pas propre à lui, tous les politiciens ont des slogans faciles à retenir). Trump est un phénomène né du rejet de l'establishment par les Ricains, porté par un récit très fort et très clair (car très basique) et incarné par un type rompu à la télévision — grosso merdo, il a compris qu'il fallait crier plus fort que l'adversaire et faire passer ses idées de façon concise et percutante. Son passage dans le monde du catch est juste un aspect marrant du perso, sans plus.
Cependant, je trouve un peu voire très excessif ton dernier paragraphe. Tu y laisses entendre, si je suis bien ta pensée (un groupe de presse et de médias qui sera peut-être demain l'employeur de celui qui rédige le papier) que certains journalistes pourraient réellement démontrer la mécanique Trump mais n'osent pas le faire de crainte de subir les foudres du Donald si un jour leur journal venait à être repris par son empire médiatique; ça me semble complètement capillotracté comme vision des choses. Ne serait-ce que parce que nos journalistes rivalisent d'inventivité pour agonir Trump d'injures, le présentant sans cesse (et à raison, la plupart du temps) comme un fasciste, une ordure, un menteur, une coquille vide, l'incarnation de tout ce qui merde en Amérique... Ce n'est pas là l'attitude de gens qui redoutent de devoir répondre un jour de leurs textes devant l'intéressé quand celui-ci sera (fort hypothétiquement) devenu leur boss.

je crois qu'il y a malentendu sur le dernier paragraphe

D'abord, si j'ai écrit ce papier, c'est parce que je suis hyper perplexe sur le phénomène Trump. Est-ce que c'est une sorte de baudruche politique qui va un jour se dégonfler ? Ou est-ce que c'est un truc réel qui pourrait se concrétiser au nieau politique (soit par un mandat, soit par un virage encore plus réac chez les républicains) ? Et je suis super content que des gens commencent à réfléchir sur les racines de ce phénomène même s'ils commencent par le mauvais bout (i-e le catch).
Cecidit, je suis intrigué par le fait qu'on commence aussi facilement par le mauvais bout.
Pour moi, l'exposition télévisée répétée pendant des années a beaucoup servi. Et je pense qu'il est beaucoup plus facile de critiquer la WWE qu'un truc comme la téléréalité qui n'a pas encore totalement intégré l'abandon de son propre kayfabe. Et je ne pense pas que la presse traditionnelle ait envie de lever tout le caractère factice/scénarisé de ces émissions.
Je pense aussi que la critique de ce système n'est pas favorisée par le poids énorme de Bertelsman la maison mère de Fremantle qui possède des chaines de télé, des radios, des titres de presse.
Enfin, je pense aussi que traiter du catch permet de se dispenser d'une auto-critique sur la manière dont on a traité Trump médiatiquement. Est-ce que certains en ont pas causé trop, même en mal, en se disant que c'était un joli aspirateur à clic publicitaire facile en oubliant que toutes les critiques renforcaient peut etre ses supporters? Est-ce qu'il aurait valu mieux ne pas en parler comme quand à ECW One Night Stand One les catcheurs de la WWE tournaient résolumment le dos au ring quand des catcheurs ECW Originals, indignes même du nom de catcheur selon eux, étaient dans le ring. En catch, le "Boo" vaut autant que le "Yeah" et le silence est la pire chose qui puisse arriver. Peut être est-ce ce qu'on aurait imposer à Trump médiatiquement, plutôt que le tapage narquois et moqueur.

OK donc tu parles de la presse ricaine?

Parce que je suppose que tu ne penses pas que la presse autre que ricaine peut, dans son traitement de Trump, avoir un impact sur ses perspectives politiques... Mais en ce cas, est-il vrai que le cas Trump est analysé par la presse ricaine en bonne partie sous l'angle du catch? Et que ses années Apprentice et autres soient négligées? J'ai l'impression, pour ce que je vois, que toutes les facettes du personnages sont scrutées, sans exclusive (par exemple http://www.nytimes.com/2015/10/10/arts/television/donald-trump-campaign-...)

What's up?



31 janvier

Il était bien cool, ce Rumble, non? Venez dire dans les comms de la nalyse ce que vous en avez pensé, et n'oubliez pas que les vignettes attendent vos légendes sagaces ici.

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Merde, j’ai toujours été nul au Puissance 4.


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Quotes of the Cahiers

"I'm gonna leave him in a pile of blood, and urine and vomit."
Brock Lesnar à propos de John Cena

"At 9 am Eastern time tomorrow, the WWE Network goes live. But the problem is you’re all gonna be so overwhelmed by the incredible content available, you won’t be able to turn it off. Adults will lose their jobs and kids will be expelled from schools for lack of attendance. In fact, you’re gonna be so mesmerized by the incredible content of the WWE Network that you won’t even have time to remove the garbage from your houses. Your places are gonna start to stink, rats will move in, and they’re gonna look like bigger pigsties than they already do. Ultimately, the government is gonna come along and condemn your homes and you will all be left homeless defending yourself on the street. Thank you very much."
Bad News Barrett

"He’s twisting him so much his twin brother is getting dizzy !"
JBL commentant un Giant Swing d'Antonio Cesaro sur l'un des frères Uso.

"I think I'm a little too old for you Jerry. I'm 26, I know you like them younger."
AJ Lee, à Raw, s'adressant à Jerry Lawler

"It looks like James Storm has had more partners than Taylor Swift lately, he should probably get tested"
Bad Influence

"Having watched that… I regret the doctors in Canada saving my life.”
Jerry Lawler, après le segment où Mae Young a accouché d'Hornswoggle.

"What's running through John Cena's mind? I don't give a crap what's running through his mind. What's more important is what's running down his leg."
Brock Lesnar

"Yes. Stop sending dumb tweets like this one. RT: @Kid_Antrim Any advice for me?"
Paul Heyman, sur Twitter

"With Kofi Kingston as the Intercontinental Champion, the bar has been lowered. And when the bar’s been lowered, mediocrity becomes acceptable. And when mediocrity becomes acceptable, society crumbles. And when society crumbles, civilization will end as we know it.”
Le Miz, Hell in a Cell

"Can you figure that? She's not able to get a date! I mean, even Natalya is able to get a date!"
Eve à propos de Layla

"I understand that you barbaric buffoons could easily eviscerate me and dispose of me like common trash. However, if you do so, I will not be a victim. I will be a martyr. A martyr for anyone who appreciates a sophisticated mind."
Damien Sandow, à DX.

"Apparently, giants can win the Super Bowl, but not matches at WrestleMania. You’re like ‘The Reverse Undertaker’. Who are you going to lose to this year? The boxer or the sumo wrestler?”"
Cody Rhodes au Big Show

"The Kliq is back, which is kind of ironic because "click" is the noise the audience's remote control makes every time Kevin Nash pops up on their TV screen."
CM Punk

"It's a conspiracy! C... O... N.... Spiracy!"
R-Truth

"I understand that... that Vince McMahon's gonna make money despite himself... he's a millionaire who should be a billionaire... you know why he's not a billionaire? It's because he surrounds himself with glad-handing nonsensical yes-men like John Laurinaitis, who's gonna tell him everything he wants to hear... and I'd like to think that maybe this company will be better after Vince McMahon is dead, but the fact is it's gonna get taken over by his idiotic daughter and his doofus son-in-law and the rest of his stupid family."
CM Punk

"These people are not Jimmies. They are the greatest fans in the world!"
John Cena, à R-Truth qui venait de qualifier le public de Raw de "Little Jimmies".

"Can you imagine if Sheamus wins this thing? I mean, the international ramifications, I mean the buyrate, I’m talking about the demographic change and everything? If Sheamus wins this match, it will be huge, not only for him but for the Smackdown brand."
Booker T., pendant un Title Match opposant le champion poids lourds Randy Orton à Sheamus.

"When I’m done with him, he’s gonna have barbecue sauce fueling out from his belly button like a geyser."
Michael Cole à propos de Jim Ross

"The WWE has gone from the powerful "Austin 3:16" to the dominant and iconic "can you smell what the Rock is cookin?"... all the way to "You can't see me"? You can't see me, what are you, playing peek-a-boo? Believe me, we all can see you. A blindfolded, sleeping, stuck in the basement Stevie Wonder can see your monkey ass. How in the hell do you think we can miss you come out here with your bright ass purple shirt, before that bright green shirt, bright orange shirt like a big fat bowl of Fruity Pebbles?"
The Rock à John Cena

"Jerry Lawler has forgotten more about wrestling than the Miz has ever known."
CM Punk

"If anyone says you can't do something, if anyone says you can't live your dream... Believe them, because you can't."
The Miz

"William Regal did the real work with this young man. Shawn Michaels took $3000 from him, that's all he ever did."
CM Punk à propos de la formation de Daniel Bryan

"I would RKO my own grandmother if it meant keeping this title. And then I'd RKO YOUR grandmother just to see the look on her face."
Randy Orton, à Sheamus

Virgil: - Ted, what are you going to do for protection?
Ted DiBiase, jetant un coup d'oeil à Maryse: - Go to the drugstore.

"Her teeth are going to be like the Ten Commendments after this match: all broken."
Alicia Fox, à propos d'Eve Torres

"Layla is not married. She deserves a good husband. I should marry her before she meets him."
Jerry Lawler

"If I suck, why would a Perry deli – the top Perry deli – name their top-selling sandwich after me? It's called the Swaggie. It smells like freedom."
Jack Swagger

"I realize how much of a starmaking performance I had in McGruber. The reviews have been off the charts. As a matter of fact, they are speaking of a possible early Oscar nomination."
Chris Jericho

"I'm sure your mom's uterus is awesome."
Vicki StElmo à Vladimir Kozlov

"If we were in your era, I'd put a Sharpshooter on you faster than you can put a pair of cheap sunglasses on an ugly kid."
The Miz, à Bret Hart.

"When I look at you I don't see fans. I don't even see people. I see money, money, money, money. Dollar signs, dollar signs, dollar signs, dollar signs. With some of you, a lot of dollar signs because I see a lot of fat people in the audience and I know you paid for two seats. Thank you very much!"
Batista à Raw.

"We are real women with the body that God created us with."
Mickie James, la femme aux implants mammaires en silicone qui explosent dans le ring.

Don Johnson: "This is a mistake!"
The Miz: "Mistake? No. Pink shirts and white suits, that is a mistake."

"One nation under Punk, undivisible, with integrity and sobriety for all!"
CM Punk

Michael Cole: "Our guest at ringside, Marisse. Welcome."
Maryse: "Oh my god, Michael Cole, you vintage nerd. You can't even say my name right. I should punish you and just give you my French kiss."

"If I see you in my match tonight, I'm gonna tear your intestins out and jump rope with it. And that's not all. I'm gonna take my two fingers, I'm gonna dig up your nosedrills and I'll rip your brain out. And I'm gonna put it in a newspaper and I'm gonna smash it against a window."
Mike Tyson à Hornswoggle

Ted DiBiase: "My movie, the Marine II, is superior to the original Marine."
Cody Rhodes: "Ted, my fifth grade graduation video is superior to the original Marine."

"I'm on Raw, you're on Smackdown... Long distance relationships don't work, Chris."
Big Show

Jerry Lawler, après une promo de Maryse où elle a qualifié Melina de "petite poupée": "Did she just say poupée? Do you know what that means in French?"
Michael Cole: "What?"
Jerry Lawler: "I... I can't say it!"

"I respect her. There are a lot of things that she does that I couldn't do, being the size that she is."
Michelle McCool à propos de Mickie James.

"We have MVP on the stage, and PMS in the ring."
Goldust, à propos des divas assemblées dans le ring pendant les Slammy Awards 2009.

"It was kind of like the 300 at the battle of Thermopylae, but with better abs".
John Morrison à propos de la fin de son match à Survivor Series, quand il s'est retrouvé à 1 contre 3.

"Hi, I'm John Morrison, and one time I drove my Lexus 700 miles on a tank full of my own urine."
John Morrison

"I always said if I could put my brain in Andrew’s body he’d be a 20-time world champ."
Edge à propos de Andrew "Test" Martin